Mardi 6 mars 2007

Nicolas Sarkozy a précisé sa volonté de réduire de 4 points les prélèvements obligatoires pour ramener leur taux de 45 à 41 % du PIB.

Cette annonce doit nous interroger sur 3 aspects : fiscal, économique et social.

 

- D'un point de vue fiscal, nous ne savons pas encore par quoi sera compensée cette réduction de prélèvements obligatoires sur le budget de l'Etat. Sarkozy évoque depuis longtemps le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Mais même si cette proposition hasardeuse était effectivement retenue et mise en application, elle ne rapporterait à l'Etat que l'équivalent de 0,4 points de PIB, soit 10 fois moins que ce que lui coûterait la perte annuelle de 70 milliards d’euros correspondant à 4 % de PIB. Il serait donc nécessaire de couper dans les dépenses publiques mais lesquelles ? Quelles allocations sociales seraient diminuées ou supprimées ? Quels services publics ne seraient plus rendus aux citoyens ? En fait, on voit mal comment cette promesse de Sarkozy pourrait être respectée, sauf à accroître considérablement les déficits publics de l'Etat.

 

- D'un point de vue économique, le candidat UMP nous explique que la réduction des impôts favorisera la consommation. C'est faux. En effet, les impôts ne représentent pas qu'un moyen de prélever une partie de ressources des consommateurs, c'est aussi un moyen de les redistribuer aux consommateurs et généralement un moyen de les redistribuer de façon à soutenir la consommation en favorisant les ménages les plus modestes qui ont la particularité de détenir la plus forte propension marginale à consommer (une plus grande partie de leurs revenus est destinée à la consommation plutôt qu'à l'épargne). D'autre part, il ne faut pas oublier que les impôts financent également des coûts incompressibles. Par exemple, dans le domaine de la santé, la baisse du remboursement des médicaments entraîne une hausse des cotisations mutuelle et/ou une hausse de la prise en charge du coût des traitements par les malades, ce qui signifie qu'une augmentation des revenus nets, via une baisse d'impôts, ne correspond pas à une augmentation des revenus réels, une fois déduites les dépenses supplémentaires à payer qui ne sont plus financées par les prélèvements obligatoires.

 

- D'un point de vue social, une réduction des impôts provoque un accroissement des inégalités car leur finalité est bien de combler le gouffre qui sépare les plus riches et les plus pauvres par un transfert de revenus et par la prise en compte du niveau de ressources pour financer des services publics accessibles à tous que les plus modestes n'auraient pas les moyens de se payer s'ils répondaient à une logique marchande.

 

Admettons néanmoins que tous les impôts n'aient pas le même impact sur ces différents aspects. Alors, quitte à baisser les prélèvements obligatoires, l'option la plus intéressante serait de diminuer le taux de TVA car c'est l'impôt qui pénalise le plus la consommation (en se répercutant directement sur le prix des marchandises) et c'est l'impôt le plus injuste socialement parlant (car les pauvres paient une plus grande part de TVA sur leurs revenus que les riches). Durant son mandat, Lionel Jospin avait pris cette initiative, ce qui a été profitable à l'économie Française qui bénéficiait alors d'une meilleure croissance que celle de ses voisins Européens. Malheureusement, ce n'est pas le choix qui semble avoir été retenu par Nicolas Sarkozy dont la préférence va à l'intérêt des plus privilégiés, ce sont en effet des déductions sur l'ISF et les droits de successions ainsi qu'un "bouclier fiscal" à 50 % des revenus qui reçoivent la meilleure attention du candidat des nantis.



Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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