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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 00:37


Il est connu que la proportion de pauvres aux Etats-Unis ou au Royaume Uni est plus importante qu'en France ou en Allemagne. Mais pour le montrer, on évoque souvent un indice relatif qui fixe le seuil de pauvreté à 50 ou 60 % du revenu médian. Cet indice donne avant tout un écart d'inégalité, cependant il ne permet pas de comparer des niveaux absolus de pauvreté puisque qu'un pauvre dont les revenus se situent à 40 % d'un salaire médian à 2000 euros est en réalité bien moins déshérité qu'un pauvre dont les revenus se limitent à 40 % d'un salaire médian de 1000 euros. Les comparaisons internationales sont donc difficiles à faire en retenant cet indice puisque le salaire médian est spécifique à chaque pays.

Il faut alors utiliser une autre méthode. La plus simple consiste à calculer quelle est la richesse que possèdent les 10 ou les 20 % des personnes les plus pauvres d'un pays. Cette opération est relativement simple.

Cherchons tout d'abord quelle est la part des revenus acquise par les 10 % les plus pauvres aux Etats-Unis et en France :

- aux USA : 10 % + pauvres = 1,9 % des revenus
(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/USA/fr.html)

- en France : 10 % + pauvres = 2,8 % des revenus
(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/FRA/fr.html)

Cherchons maintenant le produit intérieur brut par habitant des Etats-Unis et de la France, à parité de pouvoir d'achat. Le produit intérieur brut correspond à l'ensemble des revenus bruts d'une nation (que l'on assimilera ici aux revenus des ménages) et la parité de pouvoir d'achat permet d'homogénéiser internationalement les valeurs monétaires lorsqu'il s'agit d'acheter des biens et services courants.

- aux USA : PIB = 41 890 $ / habitant

- en France : PIB = 30 386 $ / habitant

(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/stats/0/2005/fr/2/carte/NY.GDP.PCAP.PP.CD/x.html)

Sachant qu'aux Etats-Unis, les 10 % des plus bas revenus de la population Américaine ne partagent que 1,9 % du PIB, on obtient l'équation suivante :

Revenus individuels x 10 / 100 x habitants = 1,9 / 100 x PIB,
soit : Revenus idividuels = 1,9 x (PIB / habitants) / 10

- aux Etats-Unis gagnent 1,9 x 41 890 / 10 soit 7 959,1 $ / an

- en France gagnent 2,8 x 30 386 / 10 soit 8 508,1 $ / an.

Conclusion : la pauvreté est plus importante aux Etats-Unis qu'en France, ceci pour répondre aux libéraux en tout genre qui prétendent que les Américains pauvres gagnent autant que les classes moyennes en France...
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 00:53
Lu dans le Nouvel Observateur daté du 25 Mai 2008 : "Eric Woerth écarte toute baisse de fiscalité pour contrer l'augmentation des prix de l'essence subie par les automobilistes: "L'essence est à un prix de marché. Si nous baissions la fiscalité, nous inciterions à la consommation", une politique incompatible avec les objectifs du Grenelle de l'environnement, affirme-t-il."



Lorsqu'on lit ce genre de réponse de la part d'un secrétaire d'Etat au budget, on comprend bien pourquoi le fossé entre les dirigeants politiques et les citoyens se creuse. Il faut croire qu'en exprimant de tels propos d'une stupidité sans bornes, le gouvernement se trouve très très à court d'arguments pour justifier le maintien des prélèvements obligatoires sur les carburants.

D'une part, l'essence n'est pas au prix de marché, car le prix de l'essence est constitué pour plus de 50 % de taxes qui s'ajoutent au prix du marché.

D'autre part, M. Woerth ne semble pas bien se rendre compte que les citoyens de notre pays et d'ailleurs ont dans leur vie de tous les jours besoin de se déplacer, pour se rendre au travail, pour exercer des activités associatives ou sportives, pour aller voir de la famille ou des amis. Et lorsqu'on habite hors de Paris, ce qui est quand même le cas de l'immense majorité des Français, il est bien difficile d'effectuer ces trajets sans consommer de l'essence.

Mais le pouvoir politique a visiblement décidé d'aborder la question de la consommation du carburant comme il traite la question de la consommation d'alcool ou de tabac, comme si se déplacer n'était pas un besoin essentiel à la dignité de la vie sociale...
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 20:39
"Quelles seraient les conséquences de son abolition, réclamée par la droite ? Peut-on parler d'exception alors que la plupart des pays anglo-saxons s'en dotent progressivement ?"

Ce sont les questions posées par l'animateur du forum "Terra Nova". Voici ma réflexion.



Un des grands principes de gauche concernant le travail consiste à dire qu'on ne vit pas pour travailler mais qu'on travaille pour vivre. Eh bien c'est justement ce que permet le Smic, travailler pour vivre et non pour survivre, c'est-à-dire travailler en échange d'une rémunération suffisante pour être en mesure de répondre aux besoins humains les plus évidents (se nourrir, se vêtir, se loger, se déplacer, communiquer et profiter d'un minimum de loisirs).

Alors oui, je crois que la suppression du Smic permettrait de réduire le chômage, mais pour combien de travailleurs pauvres ? Or à un moment donné, on est bien obligé de se poser la question suivante : quel est le phénomène le plus grave, le chômage ou la pauvreté ? La réponse d'un Homme de gauche découle du principe que j'ai cité en introduction...

Je ne pense pas que la remise en cause du Smic soit une idée à la mode aujourd'hui, car avec la hausse des matières premières et de l'énergie, le coût de la vie est de plus en plus cher et les gens se rendent bien compte qu'il devient impossible de vivre seul avec un salaire qui serait inférieur au Smic, compte tenu de cette inflation galopante.

Après, la question de l'augmentation du Smic est bien plus délicate, car si une grande majorité peut se retrouver sur l'existence du Smic, il en sera autrement pour déterminer la valeur de ce Smic, parce que les intérêts légitimes des salariés (faisant valoir le coût de la vie) et des entreprises (faisant valoir le coût du travail) s'opposent et parce qu'il existe des moyens complémentaires au Smic pour augmenter les ressources des salariés modestes tels que la Prime Pour l'Emploi ou le Revenu de Solidarité Active qui sont des dispositifs financés par l'Etat et plus seulement par les entreprises. D'ailleurs, même le Smic est en grande partie financé par l'Etat dans la mesure ou des réductions de cotisations patronales sur les bas salaires compensent à la faveur des entreprises l'évolution du salaire minimum. C'est ainsi dans un contexte de compétition mondiale largement alimenté par la mondialisation, les gouvernements sont incités à "épargner" les entreprises.

Quant à l'idée d'un Smic Européen, elle est bonne et elle doit être défendue par la gauche, évidemment, il ne s'agirait pas de fixer un seuil monétaire fixe pour toute l'Europe (ce dont la droite nous avait déjà accusé) mais de proposer que dans chaque pays membre de l'UE, le Smic représente par exemple 50 % du revenu moyen national des travailleurs (ce qui correspond au seuil de pauvreté le plus souvent retenu).
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /2008 12:59
A quoi sert la BCE ?

Une banque centrale ou nationale détient la responsabilité de "frapper" la monnaie, en d'autres termes de la fabriquer, mais son pouvoir ne se réduit pas à la production de billets et de pièces de métal. La plus haute institution bancaire a également la capacité de fixer la valeur d'une monnaie en arrêtant la valeur des taux d'intérêt directeurs. Plus les taux sont bas, plus la valeur de la monnaie diminue tandis qu'une augmentation des taux renforce sa valeur.

Or la Banque Centrale Européenne est véritablement omnibulée par cette valeur monétaire qu'elle souhaite la plus importante possible pour plusieurs raisons :
- des raisons culturelles car le siège de la BCE se trouve en Allemagne (à Francfort), une nation qui tient beaucoup à la force de sa monnaie depuis qu’elle a durement souffert d’une inflation galopante sous la République de Weimar.
- des raisons structurelles car le seul objectif que l’Europe a jugé bon de fixer à la BCE est la lutte contre l’inflation. Et en l’occurrence, l’inflation observée à l’intérieur d’un pays se combat par la hausse des taux d’intérêt, ainsi les prêts à la consommation deviennent plus chers, tout comme les produits vendus à l’exportation, ce qui fait baisser la demande et donc baisser les prix.

L'économie sacrifiée...

Sauf que cette politique qui est menée depuis la mise en place de l’Euro et même avant cela avec les critères de Maastricht, produit des effets dévastateurs pour l’économie Européenne. Relever les taux d’intérêt revient concrètement à ralentir l’économie, ce choix peut s’avérer pertinent lorsque l’économie est en « surchauffe » ou que son dynamisme est basé sur des aubaines spéculatives. Au contraire, relever les taux d’intérêt en période de croissance faible ou pire, de récession, revient à ralentir encore une économie déjà au ralenti.

On entre alors dans un cercle vicieux qui voit se succéder :
hausse des taux d’intérêt, diminution de la consommation, baisse des investissements, chute des exportations (devenues plus chères), perte d’emplois, réduction du pouvoir d’achat et à nouveau diminution de la consommation…

… au nom d’une lutte inefficace contre l’inflation

Voilà comment le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet, est en train de tuer notre économie. Mais le comble du comble n’est pas encore atteint à cet instant de notre analyse, car le plus ironique dans cette histoire, c’est que la BCE ne parvient pas à limiter la hausse des prix même en relevant ses taux d’intérêt. Pourquoi ?

Parce que la hausse des prix n’a pas pour origine une augmentation de la demande Européenne (c’est-à-dire un accroissement de la consommation des ménages en Europe à laquelle la production Européenne ne pourrait plus répondre). Cette inflation est due à une augmentation de la demande en Asie (la Chine et l’Inde achètent de plus en plus d’énergie pour se développer et d’aliments variés pour répondre à la hausse du niveau de vie de leur population) tandis que l’offre correspondante stagne ou se réduit à travers le monde (pétrole de plus en plus difficile à trouver et à extraire, culture soumise aux aléas climatiques…).

Pire encore, le renforcement de l’euro provoque presque mécaniquement un affaiblissement du dollar (car ces 2 monnaies sont en forte concurrence) et lorsque le dollar baisse, le prix du baril de pétrole payé en dollar augmente. Voilà pourquoi les dernières hausses des prix du carburant sont souvent appelées « hausse Trichet » dans le milieu des économistes.

Stop Trichet

On se retrouve donc dans une situation où la banque Européenne jette l’argent des Européens par les fenêtres au lieu d’agir pour relancer l’économie en favorisant la consommation et les exportations via une baisse nécessaire des taux d’intérêt.
Mais une fois de plus, l’Europe se trouve complètement déconnectée des réalités et des intérêts des peuples Européens. En augmentant les taux d’intérêt, la BCE favorise avant tout les actionnaires et les rentiers au détriment des créateurs de richesses, des travailleurs.

Il est maintenant plus que temps de dire « Stop Trichet ».
Pour s’opposer à la mise à mort de l’économie Européenne, signez cette pétition :
http://www.stoptrichet.com/
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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