Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 12:59
A quoi sert la BCE ?

Une banque centrale ou nationale détient la responsabilité de "frapper" la monnaie, en d'autres termes de la fabriquer, mais son pouvoir ne se réduit pas à la production de billets et de pièces de métal. La plus haute institution bancaire a également la capacité de fixer la valeur d'une monnaie en arrêtant la valeur des taux d'intérêt directeurs. Plus les taux sont bas, plus la valeur de la monnaie diminue tandis qu'une augmentation des taux renforce sa valeur.

Or la Banque Centrale Européenne est véritablement omnibulée par cette valeur monétaire qu'elle souhaite la plus importante possible pour plusieurs raisons :
- des raisons culturelles car le siège de la BCE se trouve en Allemagne (à Francfort), une nation qui tient beaucoup à la force de sa monnaie depuis qu’elle a durement souffert d’une inflation galopante sous la République de Weimar.
- des raisons structurelles car le seul objectif que l’Europe a jugé bon de fixer à la BCE est la lutte contre l’inflation. Et en l’occurrence, l’inflation observée à l’intérieur d’un pays se combat par la hausse des taux d’intérêt, ainsi les prêts à la consommation deviennent plus chers, tout comme les produits vendus à l’exportation, ce qui fait baisser la demande et donc baisser les prix.

L'économie sacrifiée...

Sauf que cette politique qui est menée depuis la mise en place de l’Euro et même avant cela avec les critères de Maastricht, produit des effets dévastateurs pour l’économie Européenne. Relever les taux d’intérêt revient concrètement à ralentir l’économie, ce choix peut s’avérer pertinent lorsque l’économie est en « surchauffe » ou que son dynamisme est basé sur des aubaines spéculatives. Au contraire, relever les taux d’intérêt en période de croissance faible ou pire, de récession, revient à ralentir encore une économie déjà au ralenti.

On entre alors dans un cercle vicieux qui voit se succéder :
hausse des taux d’intérêt, diminution de la consommation, baisse des investissements, chute des exportations (devenues plus chères), perte d’emplois, réduction du pouvoir d’achat et à nouveau diminution de la consommation…

… au nom d’une lutte inefficace contre l’inflation

Voilà comment le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet, est en train de tuer notre économie. Mais le comble du comble n’est pas encore atteint à cet instant de notre analyse, car le plus ironique dans cette histoire, c’est que la BCE ne parvient pas à limiter la hausse des prix même en relevant ses taux d’intérêt. Pourquoi ?

Parce que la hausse des prix n’a pas pour origine une augmentation de la demande Européenne (c’est-à-dire un accroissement de la consommation des ménages en Europe à laquelle la production Européenne ne pourrait plus répondre). Cette inflation est due à une augmentation de la demande en Asie (la Chine et l’Inde achètent de plus en plus d’énergie pour se développer et d’aliments variés pour répondre à la hausse du niveau de vie de leur population) tandis que l’offre correspondante stagne ou se réduit à travers le monde (pétrole de plus en plus difficile à trouver et à extraire, culture soumise aux aléas climatiques…).

Pire encore, le renforcement de l’euro provoque presque mécaniquement un affaiblissement du dollar (car ces 2 monnaies sont en forte concurrence) et lorsque le dollar baisse, le prix du baril de pétrole payé en dollar augmente. Voilà pourquoi les dernières hausses des prix du carburant sont souvent appelées « hausse Trichet » dans le milieu des économistes.

Stop Trichet

On se retrouve donc dans une situation où la banque Européenne jette l’argent des Européens par les fenêtres au lieu d’agir pour relancer l’économie en favorisant la consommation et les exportations via une baisse nécessaire des taux d’intérêt.
Mais une fois de plus, l’Europe se trouve complètement déconnectée des réalités et des intérêts des peuples Européens. En augmentant les taux d’intérêt, la BCE favorise avant tout les actionnaires et les rentiers au détriment des créateurs de richesses, des travailleurs.

Il est maintenant plus que temps de dire « Stop Trichet ».
Pour s’opposer à la mise à mort de l’économie Européenne, signez cette pétition :
http://www.stoptrichet.com/
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 20:39
"Quelles seraient les conséquences de son abolition, réclamée par la droite ? Peut-on parler d'exception alors que la plupart des pays anglo-saxons s'en dotent progressivement ?"

Ce sont les questions posées par l'animateur du forum "Terra Nova". Voici ma réflexion.



Un des grands principes de gauche concernant le travail consiste à dire qu'on ne vit pas pour travailler mais qu'on travaille pour vivre. Eh bien c'est justement ce que permet le Smic, travailler pour vivre et non pour survivre, c'est-à-dire travailler en échange d'une rémunération suffisante pour être en mesure de répondre aux besoins humains les plus évidents (se nourrir, se vêtir, se loger, se déplacer, communiquer et profiter d'un minimum de loisirs).

Alors oui, je crois que la suppression du Smic permettrait de réduire le chômage, mais pour combien de travailleurs pauvres ? Or à un moment donné, on est bien obligé de se poser la question suivante : quel est le phénomène le plus grave, le chômage ou la pauvreté ? La réponse d'un Homme de gauche découle du principe que j'ai cité en introduction...

Je ne pense pas que la remise en cause du Smic soit une idée à la mode aujourd'hui, car avec la hausse des matières premières et de l'énergie, le coût de la vie est de plus en plus cher et les gens se rendent bien compte qu'il devient impossible de vivre seul avec un salaire qui serait inférieur au Smic, compte tenu de cette inflation galopante.

Après, la question de l'augmentation du Smic est bien plus délicate, car si une grande majorité peut se retrouver sur l'existence du Smic, il en sera autrement pour déterminer la valeur de ce Smic, parce que les intérêts légitimes des salariés (faisant valoir le coût de la vie) et des entreprises (faisant valoir le coût du travail) s'opposent et parce qu'il existe des moyens complémentaires au Smic pour augmenter les ressources des salariés modestes tels que la Prime Pour l'Emploi ou le Revenu de Solidarité Active qui sont des dispositifs financés par l'Etat et plus seulement par les entreprises. D'ailleurs, même le Smic est en grande partie financé par l'Etat dans la mesure ou des réductions de cotisations patronales sur les bas salaires compensent à la faveur des entreprises l'évolution du salaire minimum. C'est ainsi dans un contexte de compétition mondiale largement alimenté par la mondialisation, les gouvernements sont incités à "épargner" les entreprises.

Quant à l'idée d'un Smic Européen, elle est bonne et elle doit être défendue par la gauche, évidemment, il ne s'agirait pas de fixer un seuil monétaire fixe pour toute l'Europe (ce dont la droite nous avait déjà accusé) mais de proposer que dans chaque pays membre de l'UE, le Smic représente par exemple 50 % du revenu moyen national des travailleurs (ce qui correspond au seuil de pauvreté le plus souvent retenu).
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 00:53
Lu dans le Nouvel Observateur daté du 25 Mai 2008 : "Eric Woerth écarte toute baisse de fiscalité pour contrer l'augmentation des prix de l'essence subie par les automobilistes: "L'essence est à un prix de marché. Si nous baissions la fiscalité, nous inciterions à la consommation", une politique incompatible avec les objectifs du Grenelle de l'environnement, affirme-t-il."



Lorsqu'on lit ce genre de réponse de la part d'un secrétaire d'Etat au budget, on comprend bien pourquoi le fossé entre les dirigeants politiques et les citoyens se creuse. Il faut croire qu'en exprimant de tels propos d'une stupidité sans bornes, le gouvernement se trouve très très à court d'arguments pour justifier le maintien des prélèvements obligatoires sur les carburants.

D'une part, l'essence n'est pas au prix de marché, car le prix de l'essence est constitué pour plus de 50 % de taxes qui s'ajoutent au prix du marché.

D'autre part, M. Woerth ne semble pas bien se rendre compte que les citoyens de notre pays et d'ailleurs ont dans leur vie de tous les jours besoin de se déplacer, pour se rendre au travail, pour exercer des activités associatives ou sportives, pour aller voir de la famille ou des amis. Et lorsqu'on habite hors de Paris, ce qui est quand même le cas de l'immense majorité des Français, il est bien difficile d'effectuer ces trajets sans consommer de l'essence.

Mais le pouvoir politique a visiblement décidé d'aborder la question de la consommation du carburant comme il traite la question de la consommation d'alcool ou de tabac, comme si se déplacer n'était pas un besoin essentiel à la dignité de la vie sociale...
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 00:37


Il est connu que la proportion de pauvres aux Etats-Unis ou au Royaume Uni est plus importante qu'en France ou en Allemagne. Mais pour le montrer, on évoque souvent un indice relatif qui fixe le seuil de pauvreté à 50 ou 60 % du revenu médian. Cet indice donne avant tout un écart d'inégalité, cependant il ne permet pas de comparer des niveaux absolus de pauvreté puisque qu'un pauvre dont les revenus se situent à 40 % d'un salaire médian à 2000 euros est en réalité bien moins déshérité qu'un pauvre dont les revenus se limitent à 40 % d'un salaire médian de 1000 euros. Les comparaisons internationales sont donc difficiles à faire en retenant cet indice puisque le salaire médian est spécifique à chaque pays.

Il faut alors utiliser une autre méthode. La plus simple consiste à calculer quelle est la richesse que possèdent les 10 ou les 20 % des personnes les plus pauvres d'un pays. Cette opération est relativement simple.

Cherchons tout d'abord quelle est la part des revenus acquise par les 10 % les plus pauvres aux Etats-Unis et en France :

- aux USA : 10 % + pauvres = 1,9 % des revenus
(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/USA/fr.html)

- en France : 10 % + pauvres = 2,8 % des revenus
(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/FRA/fr.html)

Cherchons maintenant le produit intérieur brut par habitant des Etats-Unis et de la France, à parité de pouvoir d'achat. Le produit intérieur brut correspond à l'ensemble des revenus bruts d'une nation (que l'on assimilera ici aux revenus des ménages) et la parité de pouvoir d'achat permet d'homogénéiser internationalement les valeurs monétaires lorsqu'il s'agit d'acheter des biens et services courants.

- aux USA : PIB = 41 890 $ / habitant

- en France : PIB = 30 386 $ / habitant

(source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/stats/0/2005/fr/2/carte/NY.GDP.PCAP.PP.CD/x.html)

Sachant qu'aux Etats-Unis, les 10 % des plus bas revenus de la population Américaine ne partagent que 1,9 % du PIB, on obtient l'équation suivante :

Revenus individuels x 10 / 100 x habitants = 1,9 / 100 x PIB,
soit : Revenus idividuels = 1,9 x (PIB / habitants) / 10

- aux Etats-Unis gagnent 1,9 x 41 890 / 10 soit 7 959,1 $ / an

- en France gagnent 2,8 x 30 386 / 10 soit 8 508,1 $ / an.

Conclusion : la pauvreté est plus importante aux Etats-Unis qu'en France, ceci pour répondre aux libéraux en tout genre qui prétendent que les Américains pauvres gagnent autant que les classes moyennes en France...
Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 13:42

Liem Hoang Ngoc est délégué national du Parti Socialiste aux questions économiques, il était aussi l’invité, vendredi soir, du maire de Moyeuvre Grande, René Drouin, dans le cadre d’une conférence-débat sur le pouvoir d’achat et la fiscalité.  Devant une centaine de personnes et la présence de jeunes socialistes mobilisés pour l’occasion, le jeune économiste exposa avec beaucoup d’aisance et de pédagogie les propositions de sa candidate durant près de 2 heures.
Je passerai en revue les principaux points de son intervention.


 


- La droite et la rupture Sarkozy

Depuis 40 ans, la droite Française qui dirige le pays est une droite Gaulliste trouvant des origines Bonapartistes ainsi que des racines Montagnardes (les Jacobins de gauche), ce courant de droite est imprégné d’une sensibilité sociale, il a été, sous la France de de Gaulle, à l’origine du développement de l’Etat-providence marqué par une puissance publique forte et par une sécurité sociale généralisée à l’ensemble des citoyens qui a permis la prospérité économique dans notre pays durant près de 3 décennies. Les libéraux représentent l’autre droite, celle des fervents opposants à l’intervention de l’Etat dans le domaine économique (en tant que créateur de richesses) et social (en tant que redistributeur de richesses). Or, c’est à partir de ces clivages idéologiques que sont apparus les conflits Balladur-Chirac (en 1995) et Sarkozy-Villepin dernièrement.
La « rupture » de Nicolas Sarkozy se traduit donc concrètement  par le retour aux affaires des libéraux dont le projet est largement inspiré de celui des néo-conservateurs Allemands emmenés par Angela Merckel. Observons donc les principales réformes conduites en Allemagne ces dernières années (y compris par des  socio-libéraux) afin de prévoir ce que serait une France sous Sarkozy :
- baisse de l’impôt sur les sociétés de 8 points (qui favorise les profits des grandes entreprises)
- augmentation de la TVA de 3 points (qui pénalise la consommation des ménages et plus lourdement encore les classes les plus modestes)
- flexibilisation du marché du travail avec le plan Hartz IV (qui précarise les salariés)
Ajoutez à cela une série de réformes fiscales propres à Sarkozy au bénéfice des seules catégories aisées (bouclier fiscal, réduction des impôts sur le patrimoine et les successions) et vous obtenez alors le programme politique le plus envié par le Medef.

 

- Trop d’impôts ?

La droite l’affirme : « trop d’impôts tue l’impôt ». C’est sans doute vrai, mais le taux d’imposition est-il réellement trop important ? Certainement pas si des réductions de prélèvements obligatoires entraînent une explosion des déficits comme cela s’est produit lorsque la droite était aux affaires entre 1991 et 1997 et où la dette publique est passée de 38 à 58 % du Produit Intérieur Brut. Sûrement pas lorsqu’on s’aperçoit que la France reste une des zones les plus attractives du monde pour les placements financiers puisqu’elle figurait, début des années 2000, au second rang (derrière la Chine) des pays accueillant le plus de capitaux en provenance de l’étranger. Ni même lorsque les profits des entreprises installées en France augmentent d’année en année comme le montre le rendement croissant de l’impôt sur les sociétés dont les recettes sont proportionnelles aux bénéfices dégagés dans le secteur privé. Et ce ne sont même pas les riches exilés qui pourront confirmer cette thèse puisque les étrangers s’installant en France à l’image de ces retraités Anglais venus acquérir une propriété dans un territoire pourtant présenté comme un « enfer fiscal » s'avèrent bien plus nombreux.

 

- Trop de dividendes tue l’investissement…

Contrairement à ce que voudrait nous faire croire Nicolas Sarkozy, les réductions d’impôts ne récompensent pas l’effort, bien au contraire, il s’agit d’une récompense de la rente. Un secteur se porte très bien dans notre pays, c’est celui des dividendes servant à rémunérer grâcement les actionnaires et qui augmentent actuellement à un rythme de 30 % par an. Aujourd’hui, 80 % des profits sont consacrés à la distribution des dividendes alors que dans le même temps, les investissements chutent depuis une quinzaine d’années malgré une grande facilité d’accès aux prêts permise par des taux d’épargne record. Voilà les causes de notre perte de compétitivité et de l’aggravation du déficit commercial. Pour les libéraux, « la meilleure politique industrielle est de ne pas en avoir », nous en payons aujourd’hui le prix fort avec le problème des délocalisations.

 

- … et tue les salaires.

Si les actionnaires parviennent à se remplir les poches sur le dos des investissements, ce n’est malheureusement pas le cas des salariés puisque la part des salaires à hauteur de 70 % du PIB en 1983 n’est plus aujourd’hui que de 62 %. 8 points de PIB en moins, de quoi rétablir 2 fois l’équilibre du régime des retraites jusqu’en 2050. L’argument le plus utilisé pour justifier cette évolution explique que la feuille de paie est l’ennemi de l’emploi, or il apparaît au contraire que lorsque la part des salaires se réduit, le chômage tend à s’accroître. La raison en est assez simple à comprendre, les riches épargnent plus qu’ils ne consomment, ils alimentent de ce fait la bulle spéculative et les investissements à l’étranger alors que les ménages modestes ont une plus grande propension à consommer, ils appuient donc mieux la croissance. La revalorisation immédiate de 5 % des petites retraites et du Smic brut à 1500 euros avant 2012, soutenue par Ségolène Royal, présente donc une finalité d'ordre aussi bien économique que social.

 

- La solution de la droite : favoriser le chômage !

Nicolas Sarkozy prétend que sa proposition-slogan « travailler plus pour gagner plus » permettra aussi de lutter contre le chômage. Il suffit de s’accorder quelques secondes de réflexion pour être convaincu du contraire. En effet, dans le cadre d’une reprise économique, la demande s’élève durant quelques années, l’offre s’adaptant dans une économie de marché à l’évolution de la demande, la production connaîtra elle aussi une progression. Or, pour augmenter la production, outre les gains de productivité qui nécessite temps et investissements, on a le choix entre faire travailler plus ceux qui travaillent déjà sans embaucher (ce que promeut Sarkozy en projetant de supprimer les charges sur les heures supplémentaires afin de les rendre plus attractives pour l’employeur mais pas pour le salarié) ou bien maintenir, voire baisser, le temps de travail des salariés pour que la nouvelle offre de travail soit assurée via de nouveaux emplois et donc par de nouveaux embauchés.

Les allègements de cotisations patronales sont une méthode souvent employée pour réduire le coût du travail sans réduire les salaires (la droite se rendant bien compte que diminuer le Smic serait très impopulaire…). Baisse de charges pour l’emploi de travailleurs peu qualifiés, baisse de charges pour les PME (elles n’en paient plus que 17 %), baisse de charges pour passer à 35 heures. Les conséquences en sont un manque à gagner pour l’Etat qui peine alors à financer les services qu’il rend via les pensions de retraite, l’assurance chômage et l’assurance maladie. Les effets sur l’emploi sont moins évidents et plus difficiles à évaluer, c’est pourquoi les socialistes proposent de conditionner directement les allègements de cotisations à la création d’emplois.

 

- Le pacte présidentiel et la fiscalité

Pour aboutir à un impôt plus juste et efficace, mieux vaut partir de l’existant. L’impôt sur le revenu (IR) présente l’avantage d’être progressif, donc socialement juste puisqu’il fait contribuer plus fortement ceux qui possèdent le plus de ressources mais son assiette se restreint aux revenus du travail et ne concerne que la moitié de la population. La Contribution Sociale Généralisée (CSG) impose tous les revenus (dont ceux tirés du capital comme la perception d’un loyer) mais son mode de prélèvement est plus injuste car le taux qu’elle applique reste constant quel que soit le niveau de revenu. L’idée est donc de fusionner l’IR et la CSG en cumulant leurs qualités à travers un seul impôt sur le revenu avec beaucoup de tranches d’imposition (au moins 10) afin d’atténuer les effets de seuil et d’optimiser sa progressivité (alors que la droite fait exactement l’inverse en diminuant le nombre de tranches) et avec une assiette de prélèvement aussi large que la CSG. Ainsi, tout le monde paierait cet impôt, de façon symbolique pour les plus modestes et de façon plus significative pour les plus riches. La Prime Pour l’Emploi (PPE) serait directement intégré à cet impôt sous la forme d’un abattement dont bénéficieraient aussi les chômeurs.

Concernant la fiscalité sur les entreprises, le PS soumet la substitution des cotisations patronales par une CSG entreprise pour élargir l’assiette de prélèvements en y incluant les profits. L’objectif est de favoriser l’emploi et les PME en privilégiant l’imposition sur base de la valeur ajoutée plutôt que l’imposition sur les heures travaillées. Comme on aurait pu s’y attendre, le Medef, représentant les grandes entreprises qui paieraient plus avec cette réforme, s’y oppose, tandis que l’UPA représentant les artisans et la CGPME représentant les petites et moyennes entreprises sont pour car y seraient bénéficiaires.

Le financement du programme socialiste passera par l’annulation des baisses d’impôts depuis 2002 qui ont profité aux classes les plus aisées et coûtent chaque année à l’Etat près de 10 milliards d’euros par an, de quoi financer une bonne partie du programme socialiste. Un travail de réhabilitation de l’impôt est nécessaire, il doit être considéré avant tout comme un acte de démocratie au même titre que l’adoption du suffrage universel, . Il faut rendre compte que l’existence des écoles, de nos hôpitaux, de tous les services publics, dépend de cet outil de financement.

 

- La contrainte de la mondialisation

Les projets de réformes exposés en matière économique sont d’inspiration Keynésienne, l’efficacité de cette doctrine économique fondée sur la relance par la stimulation de la demande intérieure est limitée par le degré de libre-échange (c’est-à-dire d’ouverture aux marchés étrangers). C’est pourquoi il faut relancer le protectionnisme à l’échelle Européenne en renforçant largement un dispositif que nos adversaires souhaiteraient voire disparaître, il s’agit du Tarif Extérieur Commun (TEC) qui n’est ni plus, ni moins qu’une taxe sur les importations de provenance extérieure à l’Europe. Ce dispositif permettra également aux pays émergents de développer leur propre marché intérieur, condition sine qua non à l’apparition d’une sécurité sociale protégeant les travailleurs de ces nations.

La stratégie de « désinflation compétitive » prônée par les libéraux, visant à comprimer les coûts de production avec pour effet immédiat de tirer vers le bas les salaires et donc la consommation intérieure, permet de vivoter à la condition que ses partenaires commerciaux vivent, eux, à crédit. Autrement dit, tous les pays ne pourraient se permettre d’adopter ce régime de rigueur qui sacrifie ménages modestes et travailleurs peu qualifiés sur l'autel de la rentabilité parce qu’à défaut de demande suffisante, le monde plongerait alors en récession économique.   
Raisonnablement, la solution à trouver n’est pas celle de la compétitivité de main d’œuvre étant donné que l’écart de coût du travail entre un ouvrier Asiatique et un ouvrier Français est de 1 à 25. Qui peut se résigner à diviser par 25 le niveau de vie des travailleurs dans un pays aussi riche que le nôtre ? Pas nous en tout cas !

 

- Quelle politique Européenne ?

Mis à part quelques économistes ultra-orthodoxes s’acharnant à ne rien voir, ni entendre, tous s’accordent à souligner le rôle néfaste de la Banque Centrale Européenne qui pénalise la croissance et l’emploi en s’obstinant à maintenir un euro fort. Les propriétés d’une monnaie forte sont l’attractivité vis-à-vis des capitaux mais aussi le renchérissement des coûts de production destinée à l’exportation, l’euro fort alimente ainsi les délocalisations et joue par conséquent contre l’industrie. Rappelons aussi que les pays qui connaissent le plus de croissance en Europe sont justement ceux n’ayant pas adopté la monnaie unique (Suède, Danemark, Royaume Uni).
Un retour au franc relevant plus de l’utopie que du pragmatisme, les socialistes se déclarent favorables au contrôle de la BCE par le parlement (comme c’est le cas pour la Réserve fédérale aux Etats-Unis) afin de redéfinir ses objectifs aujourd’hui restreints à la lutte contre l’inflation pour que la monnaie ne soit plus subie par les nations mais véritablement pilotée selon une volonté politique et démocratique. 

Un budget communautaire est également nécessaire à l’Europe en vue de soutenir les investissements structurels dans les pays récemment intégrés à l’Union et ainsi leur permettre de rattraper leur retard économique. Plus vite les différentiels de niveau de vie à l’intérieur de l’Europe s’estomperont, plus vite le phénomène de dumping social est fiscal sera marginalisé.

Il y a de quoi regretter le rejet Français suite à la proposition de Joschka Fischer (lorsqu’il était au commande du ministère des affaires étrangères) de créer un noyau dur Européen associant France et Allemagne pour se démarquer de la politique libérale promue par les commissaires Européens et contourner la règle de l’unanimité des Etats membres désormais au nombre de 27…
Néanmoins, la relance sociale de l’Europe passera vraisemblablement par un regroupement de nations aux valeurs et aux systèmes économiques laissant une place à la collectivité et la solidarité, tels que les pays d’Europe du Nord qui se distinguent à la fois pour leur performance et leur progressisme.

 

- Attention : Le Pen !

Liem Hoang Ngoc termina son intervention en mettant en garde les militants devant la menace que pèse encore aux élections présidentielles l’extrême-droite dont le candidat n’a jamais été aussi haut dans les sondages. Pour le premier tour comme pour le second, il faudra aller chercher les électeurs un par un !
                                            

Par Cyril - Publié dans : democratie-sociale
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